Fiche 7 : Déterminer le niveau de l'enfant

 

pour aider au choix des objectifs

 

 

 

 

Les 7 niveaux de communication (d'après « the Communication Matrix »)

 

  • Niveau I : Comportement pré-intentionnel

    Le comportement de l'enfant, qu'il ne contrôle pas, nous signifie ce qu'il ressent, sans qu'il y soit de son intention. Nous nous appuyons pour l'interpréter sur les mouvements du corps, les expressions du visage, les sons produits.
  • Niveau II : Comportement intentionnel

    Le comportement de l'enfant est contrôlé, mais n'a pas de but communicatif, l'enfant ne sait pas qu'il peut avoir une influence sur son environnement. Pour comprendre ce qu'il veut, on s'appuie sur les mouvements du corps, les expressions de visage, les vocalisations, le regard.

  • Niveau III : Communication non conventionnelle (pré-symbolique)

    Début de la communication intentionnelle. Elle consiste en des mouvements du corps, des vocalisations, des expressions de visage, et parfois des gestes élémentaires (comme tirer quelqu'un par le bras), qui ne sont pas conventionnels ni symboliques.

  • Niveau IV : Communication conventionnelle (pré-symbolique)

    Communication intentionnelle utilisant des éléments compréhensibles de tous puisque conventionnés socialement, mais encore non symboliques. Elle comprend le pointage, les hochements de tête, les câlins, les regards allant d'une personne à un objet voulu, etc. De nombreux éléments de ce niveau de communication nécessitent de bon restes visuels. On peut également avoir quelques intonations vocales.

  • Niveau V : Symboles concrets

    Début de la communication symbolique, à un stade encore intermédiaire où la représentation d'un mot ressemble beaucoup à ce qui est représenté, que ce soit au niveau du ressenti, du mouvement, du visuel, ou de l'auditif. L'enfant peut ainsi utiliser : des objets de référence, des gestes iconiques (taper sur une chaise pour dire de s'assoir) ou des gestes reproduisant le ressenti provoqué par ce qui est représenté, des symboles tangibles, des images, ou bien des vocalisations ou bruits de bouche ressemblant au bruit produit par ce qui est représenté.

  • Niveau VI : Symboles abstraits

    Les symboles sont abstraits, arbitraires car ils ne ressemblent pas à ce qu'ils représentent. Ce niveau de communication correspond aux gestes conventionnels non évocateurs, à la parole, aux pictogrammes abstraits, aux mots écrits.

  • Niveau VII : Langage

    Les symboles, qu'ils soient concrets ou abstraits, ne sont plus utilisés isolément, mais sont combinés entre eux, par deux ou trois, en respectant certaines règles grammaticales (utilisation d'un verbe, ordre correct des mots).

 

Indices d'intentionnalité

 

  • L'enfant n'effectue le comportement que quand il sait que quelqu'un est présent (sauf les vocalisations qui peuvent servir à attirer l'attention sans savoir s'il y a bien quelqu'un).
  • Le comportement est dirigé vers une personne (par le regard, le toucher, l'orientation du corps...).

  • L'enfant attend que l'autre réponde, et arrête le comportement quand l'autre répond.

  • L'enfant persiste ou change de méthode si l'autre ne répond pas.

  • On peut également effectuer un test pour voir si l'enfant comprend le sens de son comportement : si l'enfant demande un objet mais qu'on lui en donne un autre, il devrait se rendre compte que ce n'est pas le bon objet (et manifester de la surprise, frustration...).

 

Au début de la communication symbolique, il est difficile d'estimer si l'enfant donne un sens ou non à ses vocalisations, ses mouvements, son pointage...

 

 

 

Indices montrant que les symboles utilisés sont compris

 

  • Les symboles (gestes ou autres) sont utilisés uniquement dans des circonstances appropriées.
  • On peut également effectuer un test pour s'assurer que l'enfant comprend le sens du symbole utilisé : répondre de manière non appropriée à l'usage du symbole, l'enfant devrait s'en rendre compte (et manifester de la surprise, frustration...).

  • Attention : si l'enfant essaie à chaque fois tout un répertoire de signifiants symboliques les uns après les autres, c'est qu'il a compris globalement qu'ils ont un sens, mais ne connaît pas le sens spécifique de chaque.

 

Les quatre raisons majeures de communiquer

On distingue : l'intention de refuser ce dont on ne veut pas, celle d'obtenir ce qu'on veut, celle d'engager une interaction sociale, et celle de donner ou obtenir une information.

 

 

Niveau

Refuser

Obtenir

Social

Information

I

-Exprime l'inconfort

-Exprime le confort

-Exprime de l'intérêt pour les autres

 

 

 

II

 

 

 

-Proteste

 

-Poursuit une action

 

-Obtient «plus de» ou «encore» quelque chose

 

 

-Attire l'attention

 

III

 

 

 

 

 

 

-Refuse ou rejette quelque chose

-Demande «encore» une action

 

-Demande une nouvelle action

 

-Demande «encore» un objet

 

-Fait des choix

 

-Demande un nouvel objet

 

 

-Demande de l'affection

 

-Montre de l'affection

 

 

 

-Répond « oui » et « non » aux questions

 

-Pose des questions

 

IV

-Salue

 

-Offre des choses ou les partage

 

-Dirige l'attention de quelqu'un sur quelque chose

 

-Utilise des formes sociales de politesse

V

 

 

-Demande des objets non présents

 

-Nomme les choses ou les personnes

 

-Fait des commentaires

VI

VII

Traduction des « 24 specific messages », tableau tiré du « Communication Matrix Handbook »

 

 

Fixer des objectifs une fois le niveau déterminé

Quand on a déterminé le niveau actuel de l'enfant, on peut essayer de mettre en place les différentes compétences du niveau suivant, grâce à la description des 7 niveaux de communication et au tableau précédent.

Exemples de pistes à partir du niveau actuel de l'enfant :

  • Niveau I → Installer des comportements ayant un but, grâce à un environnement et un entourage très réactif aux actions de l'enfant.

  • Niveau II → Répondre aux comportements de l'enfant comme s'ils étaient des comportements de communication, pour que l'enfant comprenne leur aspect communicatif et leur sens.

  • Niveau IV → Apprendre à l'enfant le lien entre un symbole (concret ou abstrait) et ce qu'il représente.

  • Niveau V → Apprendre à l'enfant la correspondance entre un symbole abstrait et ce qu'il représente.

  • Niveau VI → Apprendre à l'enfant à combiner deux ou trois symboles ensemble.

  • Niveau VII → Enrichir le lexique, extraire les concepts du contexte d'apprentissage (niveau sémantique) et la combinaison des gestes (ou autres signifiants) entre eux (niveau syntaxique).

 

On peut également chercher à complexifier le moyen de communication utilisé, à l'aide du tableau du BIAP.

Capacités réceptives et expressives de la communication

Le profil suivant, développé par D. Crunelle, permet d'établir un profil de communication de l'enfant, prenant en compte ses capacités sensorielles, réceptives et de compréhension ainsi que les possibilités d'expression qu'elles soient non orales, vocales ou verbales. Ce profil est à réévaluer périodiquement.

Grille d'évaluation de la communication de la personne polyhandicapée (Crunelle, 2009)

 

Ce profil nous aide à déterminer les capacités qui peuvent être utilisées, celles qui sont à développer, et celles qui sont pour le moment inaccessibles (annexes de la Recommandation 17-5 / 21-6 du BIAP) :

 

« Analyse et utilisation de ce profil :

 

  • Niveau 4 = compétences de communication.

    Elles doivent être connues de toute personne qui entoure la personne polyhandicapée, prises en compte, utilisées, voire exigées au quotidien.

     

  • Niveau 1, 2 et 3 = émergences (zone proximale de développement)

        -la personne polyhandicapée peut accéder à cette capacité, si elle y est aidée
         -domaines de travail inscrits dans le projet éducatif et thérapeutique individualisé, élaboré en termes de progrès ; l’objectif est de transformer peu à peu ces émergences, en particulier celles de niveau 3, en compétences.

     

  • Niveau 0 = capacité trop élaborée à l’instant de l’évaluation (immaturité – handicap trop lourd)

         - n’est pas recherchée pour éviter l’acharnement.
         - peut devenir émergente lors de l’évaluation suivante et du réajustement du projet individualisé.
     »